Il y a un mois, le 25 août 2017, l'armée birmane entame une répression inédite de la minorité musulmane des Rohingyas, dans l'Etat du nord-ouest du pays, appelé Arakan. Les militaires affirment riposter à un assaut d'un groupe rebelle rohingya, qui a tué 10 policiers. Mais leur opération, qui dure plusieurs semaines, va bien plus loin : selon les rescapés, l'armée attaque directement les civils, tue sans sommation et brûle les villages pour obliger les Rohingyas à fuir. L'ONU a ainsi qualifié ces violences d' « exemple parfait de nettoyage ethnique ». A l'heure actuelle, cette répresion a causé le plus grand exode de l'histoire de cette population, déjà grandement réprimée en Birmanie : plus de 400 000 Rohingyas sont entrés se réfugier dans le Bangladesh voisin, où ils vivent dans des conditions inhumaines. Notre correspondant dans la région, Sébastien Farcis, s'est rendu dans leurs camps improvisés, pour voir comment ils survivent et, surtout, témoigner des crimes dont ils sont les victimes.