Pékin fait peau neuve et se rêve capitale du monde, digne de New York ou de Singapour. Depuis des mois, les bulldozers sont partout et rasent des quartiers entiers. Les agents de la municipalité ne prennent pas de gants pour déloger les occupants. Les premières victimes de ce « grand nettoyage urbain » sont les Chinois que l’on appelle les « migrants de l’intérieur ». Des paysans venus des campagnes pour chercher une vie meilleure… et qui, ces 30 dernières années, ont permis l’essor économique de la Chine. Pour eux, le rêve du président chinois d’un « grand renouveau » tourne, ces mois-ci, au cauchemar. En plein hiver, et alors qu’il gèle dehors, ils sont évincés de force de leurs habitations. Aux yeux des cadres du Parti Communiste au pouvoir, la ville du futur doit être une « ville des élites », et Pékin renvoie donc ses travailleurs migrants qu’un document officiel a même appelé « la population bas de gamme ». Une politique de la ville qui n’épargne pas les élèves de nombreuses écoles de migrants, menacées elles aussi de démolition.
(Rediffusion du 31 janvier 2018).