Dans Grand reportage, aujourd'hui, nous allons tourner une page d'histoire. Trois ans, huit mois et vingt jours, c’est le temps qu’a duré le régime khmer rouge.
Régime qui s’est rendu coupable de crimes contre l’humanité et de génocide à l’encontre des minorités vietnamiennes et musulmane Cham.
C’est ce qu’ont conclu, en novembre 2018, les Chambres Extraordinaires au sein des Tribunaux Cambodgiens, utilisant pour la première fois la qualification de génocide. Entre 1975 et 1979, environ 2 millions de Cambodgiens ont perdu la vie. Terrassés par la faim. Epuisés par les conditions de travail imposées au nom de la révolution paysanne de Pol Pot. Les Cambodgiens ayant servi le régime précédent furent tués en masse, ainsi que les personnes éduquées, les intellectuels, ou ceux qui étaient considérés comme des ennemis de l’intérieur. D’autres furent exécutés pour avoir simplement volé du manioc.
40 ans après la chute du régime face à l’armée vietnamienne, le 7 janvier 1979, le sujet est encore sensible mais des langues se sont déliées, en public ou en privé.
Alors que les témoins s’éteignent peu à peu, la nouvelle génération, celle qui n’a pas connu les atrocités du régime, ni même la guerre civile, se trouve au centre des enjeux pour que ce pan de l’histoire reste connu au-delà des manuels scolaires.