Dans la province espagnole de Séville, le village de Marinaleda et ses 2 700 habitants incarnent, depuis 40 ans, l'un des modèles d'autogestion les plus solides d'Europe. Son maire, José Manuel Sanchez Gordillo, a mis en place au lendemain de la dictature franquiste un fonctionnement collectiviste qui a séduit la population paysanne alors sans travail, et affamée. Toutes les décisions sont prises à l'unanimité, les ouvriers agricoles reçoivent le même salaire -1 200 euros par mois- et sont propriétaires de maisons pour 15 euros par mois. Pour atteindre cela, Marinaleda s'est mobilisée pendant plus de dix ans, et a obtenu de la région andalouse qu'elle achète 1 200 hectares de terres agricoles, et lui laisse cultiver en usufruit. Mais jusqu'à quand ? La région souhaiterait désormais revendre les terres au grand dam des habitants. « Marinaleda, l'utopie concrète d'autogestion de l'Andalousie », un Grand reportage de Noémie Lehouelleur.

(Rediffusion du 14 février 2019).