Plus d’un an après son départ, l’ancien président Yahya Jammeh continue de hanter les Gambiens. Arrivé au pouvoir par un coup d’état en 1994, le militaire est resté 22 ans à la tête d’un régime répressif, où les cas de tortures d’opposants, de disparitions forcées et d’atteintes à la liberté d’expression étaient légion. Finalement, c’est par les urnes qu’il a été défait, lors de l’élection de décembre 2016. Acceptant dans un premier temps les résultats, il a rapidement fait volte-face, et a décidé de s’accrocher au pouvoir. Il sera finalement contraint par les forces de la Cédéao à quitter le pays et s’exiler en Guinée Équatoriale. Aujourd’hui, ses victimes réclament justice, et les Gambiens veulent récupérer l’argent public qu’il a pu détourner. Mais à une centaine de kilomètres à l’est de Banjul, en territoire Jola (« Diola »), à la limite de la frontière avec la Casamance, son village natal de Kanilai reste son fief malgré son départ. C’est là qu’il a fait construire son immense résidence, mélange de villa, de fermes et de zoo, aujourd’hui gardé par l’armée gambienne. En Gambie, Yahya Jammeh raconté par son palais, un grand reportage de Claire Bargelès …